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Le dernier sursaut

Ceci est une Nouvelle écrite du Dimanche 17 Avril 2011 à 2:03:47 et achevée le Lundi 25 Avril 2011, à 02:10:35 . Elle raconte l’histoire d’un jeune homme qui … Roh, et puis marde, lisez . Par contre, l’histoire étant finie, les commentaires vont en bas . J’aimerais bien en avoir des traces, cette fois . Et je répondrais aux questions … Dans les limites du Spoiler, bien sûr .

Le Dernier Sursaut
Ou le dernier rêve d’un condamné .
Nom de code : Project Trou de balle .

L’homme rentra dans le bar . D’âge plutôt indéterminé, l’air irrité et les yeux sauvages tel une créature de je ne sais où, il s’installa dans le silence le plus absolu au comptoir . Il respirait bruyamment . Il semblait fulminer . Assis à trois places de lui, je m’étonnais de ne pas voir de la fumée lui sortir des oreilles .
Puis, tout partit de travers . L’homme se mit soudain à sortir une arme, et tira un peu partout, au hasard . Je le vis tirer au jugé, et me cachai sous ma table . Puis, il tira sur le barman, et loucha sur une fille non loin . Son regard en disait long . Un homme s’interposa et mourut très vite . Je vis sa tête exploser . Son sang coula jusque sous ma table . Je vis ce que l’oeil humain ne peut techniquement pas voir . La fille cria . Et continua . L’homme tira une, deux, trois fois . Il ne restait plus qu’une balle . Mais personne ne bougea . Ce n’est pas parce qu’il ne peut plus y avoir qu’un seul mort que l’on allait se précipiter : Ce mort, ce pouvait être nous .
Et alors que plus rien ne semblait devoir évoluer, dans un temps de crime éternel où le mal prenait plus que ses aises, un jeune se leva . Tremblant, il fit un pas . Puis un deuxiéme, qu’un troisiéme suivit . Et encore quelques-uns . Le criminel sourit, carnassier, sauvage, indompté, inhumain : il leva son arme, et tira . Puis lâcha l’arme, désormais vide . Quatre personnes se levérent alors : Deux femmes, un homme et un enfant de sexe indéterminé, aux longs cheveux blonds . Le criminel sortit alors de sa poche de derriére une deuxiéme arme, et les abatit froidement . Puis se mit à rire . Un rire qui tent à prouver que cet état est bel et bien le propre de l’homme, de même que la haine, la discrimination et le meurtre . Il fourra alors le canon de son arme dans la bouche de la jeune femme . Elle se mit à pleurer, et, inconsciement ou non, j’ai crié «  Non . » … Ou alors, l’ai-je juste pensé ? Toujours est-il qu’il se tourna vers moi .
J’étais prostré, à terre, les mains sur mes oreilles . Il ne dit qu’une chose avant de tirer :
«  Tu ne mérites même pas que je te tire dans la tête . »
Et je mourrus, d’une balle dans le fondement .
Un trou du cul comme moi ne méritait pas mieux .

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Puis je le vis . Le Squelette . Le Faucheur . Le Treiziéme . L’Oméga ultime et éternel .
La Mort .
Il me parla en ces termes :
«  Je Hais Les Trous Du Cul Comme Toi . Tu Ne Pouvais Pas Faire Quelque Chose ? »
Je n’aurais pas osé répondre en temps habituel, mais je voyais mal comment ma situation pouvait empirer … Bien qu’une lueur dans les yeux du Squelette me faisait penser que lui, savait comment la faire empirer . Et qu’il adorerait le faire .
« Mais je ne suis qu’un pauvre humain ! Qu’aurais-je pû faire ?
-Te Battre, Par Exemple ? Ou Au Moins Te Lever ?
-J’ai crié !
-Tu N’As Pas Crié Pour La Sauver, Mais Juste Parce Que Ta Misérable Petite Personne Ne Pouvait Plus Supporter Le Spectacle ! »
Le discours valait tous les « Raclure !!! » du monde .
« Et Juste Parce Que Tu M’Insuporte, Je T’Ai Réservé Le Traitement Le Plus Horrible . Viens Par Là . Il Est Inutile De S’Enfuir, Je Suis Partout . »
Ils rentrérent dans la salle appelée « Salles du Temps » . Et je vis ma vie redéfiler devant moi, depuis le début .

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Ce fut douloureux . Je me suis vu renaître, et même avant . J’ai vu la premiére tape que l’on m’a donné, soit disant pour me faire respirer . J’ai revu mon apprentissage, le chien qui m’a déchiré la joue à deux ans, le chirurgien qui m’a recousu, les arbres de l’école où je donnais rendez-vous à ma N’amoureuse, je me suis revu grandir .
J’ai aussi revécu mes douleurs infantiles . Le déménagement de cette fille, les chansons tristes sous les arbres, l’exclusion, les piques verbales . Je me suis revu me protéger derriére les livres . J’ai revu cette fille s’assoir pour discuter avec moi, je me suis revu la faire pleurer . J’ai revu mon arivée au collége, ma reprise de confiance en moi, grâce à quelques personnes . J’ai revu ma dent éclater sur une barre en fer . J’ai revu la premiére rencontre avec mon meilleur ami . J’ai revu mon doigt s’ouvrir, éclatant mon nerf et mon tendon . J’ai revu mes amis commencer à écrire . J’ai revu mes séances de kiné intensives, m’empêchant, moi, de suivre cette évolution .
J’ai revu mon arrivée au lycée, mes râteaux, mes amis, mes amours, mes emmerdes, mes mensonges, mes moments de gloire, mes fuites en avant et mes avancées en arriére, j’ai revu ma vie s’effilocher le jour où d’autres m’ont quittés, j’ai revu l’enterrement de ce type plus jeune que moi . J’ai revu le monde s’écrouler . J’ai revu les fondations du nouveau monde se construire autour de moi . J’ai revécu les examens, et le stress des autres, tandis que j’étais en reconstruction dans mon cocon .
J’ai revu l’Université, et ce bar où je suis mort .
Puis les images se sont arrêtés, me laissant à terre, pleurant toutes les larmes que peut laisser échapper un pur esprit .

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La Mort s’est encore une fois rapproché de moi . Il m’a regardé, de ses yeux sombres . Il sourit .
«  Alors, Sombre Merde ? »
Je pleurai encore .
«  Mmm … Allez, Viens Par Là .
-Où … Où l’on va ?, parvins-je à articuler .
-Au Purgatoire, Mon Petit . Tu Te Croyais Où ?
-C’est la porte là-bas ? Et c’est quoi la porte derriére qui s’éloigne ?
-Ce N’Est Rien . Juste Ton Passé Qu’Il A Fallu Ramener Pour Pouvoir Faire Défiler Ta Vie . »
Je ne réflechis que deux secondes . Puis je courus vers la porte de mon passé, avant que La Mort ne réagisse . Je n’ai jamais été très courageux . J’ai souvent fui mes problémes . J’ai fait une fugue vers 9 ans . Je n’ai jamais voulu faire face . Pourquoi ? Je ne risquai que du mal à m’interposer . J’avais suffisament de malheur derriére moi .
Je courrus . Et derriére moi, j’entendis La Mort me poursuivre . J’avais déjà entendu l’expression « avoir la mort aux trousses », mais je n’aurais jamais pensé pouvoir en faire l’exemple . La Mort me rattrapa . Et me parla .
« Tu Comptes Faire Quoi, Là, Exactement ?
-Je remonte le temps ! Je veux vivre !!!
-Et Tous Ceux Que Tu As Laissé Tuer En N’Agissant Pas ? Peut-Être Aurait-Ils Aimés Vivre Aussi ? Certainement, Même . Et Pourtant, Tu Les As Laissé Mourir . Tu Les As Laissé A Ma Merci ! Pourquoi Aurais-Tu Encore Le Droit De Vivre ? »
Je n’avais pas la réponse à cette question . Mais une chose était sûre . Je n’allais pas laisser La Mort me rattraper, ou je n’aurais jamais le temps de la trouver, cette réponse .

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Une alarme sonna sur le bureau de Dieu, interrompant le début d’une éniéme partie d’échecs .
«  Hum … C’est laquelle déjà, celle-là ?, marmonna-t’il .
-Hé, j’en sais rien, c’est toujours toi le patron ici, techniquement, lui répondit son adversaire de jeu, Sébastian Nichopoll .
-Métatron !!! »
Le bras droit de Dieu et porte-parole onirique apparut .
« Oui, maître ?
-C’est quoi déjà, cette alarme là ? Destruction de la réalité par un scientifique imprudent ? Dyonysos bourré au NJC ? Satan qui fait des siennes ? Pierre qu’a encore perdu les clés du paradis ?
-Le créateur complétement sénile, ironisa Sébastian avant de se prendre un coup sous la table .
-Non, maître, poursuivit Métatron . C’est l’alarme 42-8-20-12-1991, l’alarme qui signifie qu’un individu est en train d’échapper à La Mort .
-Oh ! … On n’avait pas réglé ce probléme en lui enlevant ses bandelettes, et aussi sa longue robe noire ?
-Ouais, mais vous lui avez donné une musculature humaine et une paire de new-rocks, renchérit Sébastian, blessé au pied et à l’orgueuil . Il peut donc être fatigué, et, chose encore plus grave, il porte des new-rocks1, les pires chaussure au monde .
-Bon, bah, vous savez ce qu’il faut envoyer ?
-Oh, lui, oui, mais toi, t’as certainement oublié, dit Sébastian en se levant
-Où vas-tu ?, lui demanda Dieu .
-Observer . Un type échappant à Mort ? C’est rare, ça . Je veux le voir .
-Et notre partie ? C’est celle qu’est censé définir qui gagne aujourd’hui .
-Ah … Oui . Gambit .
-Pardon ?
-Rien, je programmais ma stratégie . Quelqu’un d’autre jouera pour moi . Balthamos ! »
Un jeune homme semi-roux à la chevelure rétive à toutes formes d’organisation entra .
« J’espére que c’est important, Mr Nichopoll . Si les Kobelfekiens s’apperçoivent de mon absence …
-Ne t’inquiéte pas des Kobelfekiens . Tiens, finis la partie à ma place . Joue en style Gambit, plus spécialement au roi . Si refus, joue la à l’orang-outang . Si contre-gambit Falkbeer, joue la à l’Anglaise . Enfin, si ça ne marche toujours pas, un gambit Letton, ou une variante Spielmann ou Winawer selon les cas . »
Et Sébastian sortit . Dieu se dit que vraiment, il devrait apprendre les noms des figures … Il se sentit gêné envers le nouvel arrivant, qui semblait, lui, avoir parfaitement compris . Vite, trouver un truc sympa pour briser la glace …
«  Et sinon, votre coiffeur est sorti de prison, jeune homme ? »
Et merde …

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Je courais . Je courais . Je courais à en perdre haleine . Je ne cessai d’accélérer, je n’avais plus de corps pour me ralentir, plus de fatigue pour m’harasser, seule ma volonté comptait . Et je désirais ardemment vivre . Plus que tout . Vivre pour quoi ? Je ne me posai pas encore la question . Cela viendrait plus tard .
La Mort restait à mes côtés, mais se fatiguait . Mais ses paroles restaient incisives . Je ne voulais pas les entendre . J’accélérais encore, si cela était seulement possible . La Mort perdit du terrain . Je restai concentré sur la porte, qui s’éloignai, mais que je ratrappais petit à petit . Etrange, quand j’y pensais … J’ai toujours haï mon passé, comme si celui que j’avais vécu ne m’était pas destiné . Comme si les évenements n’étaient pas les bons . Et voilà que je courais à perdre haleine pour le rattraper, ce passé honni, haï, abhoré, conchié …
J’entendis soudain des nouveaux bruits au travers du vent dégagé par ma course . Je ne voulais pas me retourner, mais la curiosité fut plus forte . Je vis alors deux énormes créatures, indescriptibles, me poursuivre à fond de train . Leurs contours ne cessaient de bouger, de même qu’ils n’aboraient jamais les mêmes couleurs et caractéristiques . Je ne sais comment ce fut possible, mais la peur me fit encore accélérer . Puis je n’entendis plus aucun bruit, je supposai avoir franchi le mur du son . Ce fut donc dans un silence total et sans aucun indice de ce qui se tramait derriére moi et de si les créatures me rattrapaient que je franchis la porte . Je ne pris pas le temps de l’ouvrir . Non, je sautai à travers, détruisant le bois et envoyant des débris un peu partout dans mon passé . L’ennui, c’est que je venais d’ouvrir grande la porte de mon passé, et que les créatures m’avaient suivies .

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Ce n’était qu’un simple bout de bois . Un simple et minuscule bout de bois . Un simple et minuscule bout de bois qui franchissait le passé du jeune homme . Qui remonta jusqu’à l’époque où il s’etait tranché le nerf et le tendon du doigt, quand sa main passait au travers d’un vitre . Un simple et minuscule bout de bois, presque une écharde, qui empêcha pourtant le verre d’entailler trop profondément, et permettrait plus tard une vraie réeducation, et la possibilité de réecrire .
Ce n’était qu’une écharde, mais elle changea sa vie .

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La Mort vit Sébastian Nichopoll s’engouffrer au travers de la porte brisée, à la suite des créatures .
«  C’Est Très Irrégulier, Tout Ca … »
Puis le Faucheur soupira, et passa lui aussi la porte .

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Sébastian Nichopoll essayait de rattraper l’humain avant que les deux créatures divines que sont Doute et Incertitude ne le rattrape . Des créatures capables de broyer n’importe quel terrien . Sébastian se sentait un peu idiot de partir comme ça, pour sauver un simple terrien, mais … Quelque part, il sentait que ça devrait être un truc du genre … hum … important, y’a pas d’autre mot . Que cet humain avait un truc à lui . Il ne l’avait à peine qu’entraperçu alors qu’il franchissait la porte, mais … Sébastian était sûr de l’avoir déjà vu quelque part . Puis il se souvint de la liste des Trois et sourit . Bien sûr . Le Deuxiéme …
Sébastian sourit . Et accéléra encore . Aprés tout, ce n’était que celui qui pouvait sauver son monde . Le seul humain dont le Dieu avait expréssement besoin . Celui qu’Il avait crée .

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La porte m’avait ralenti . Je les entendais courir derriére moi . Je les entendais grogner derriére moi . Je les entendais saliver derriére moi . Je cognai mon imagination débordante pour qu’elle se calme un peu, et la priai un peu violement de vouloir bien mettre l’énergie qu’elle dépensait à m’effrayer dans mes jambes . Je ne cessai de courir dans mon passé, revoyant sans cesse ma vie défiler devant moi . Je courus en évitant le banc où je lisais étant gosse . Je me maudis d’avoir tellement traîné devant ces saletés d’arbres qui bloquaient le passage . J’ai marché sur la queue d’un chien alors que mon « moi jeune » le caressait . J’ai escaladé la table où se trouvait la galette des rois où, ayant gagné, j’avais désigné mon « N’amoureuse » comme reine . Je me suis retrouvé à courir avec mon jeune alter-ego, moi poursuivi par deux créatures salivant auprés de ma chair, lui poursuivi par son ombre et un chien joueur qui mourra dix jours plus tard .
Puis, je me mis à réfléchir avec horreur que ce chien était mort à mes deux ans, et qu’une fois ma naissance passée, qu’allais-je voir ? Un cul de sac ?
En levant les yeux, je vis la réponse, qui ne me plût pas du tout . A environ un kilométre se trouvait du noir . Du genre infranchissable .

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Sébastian n’était pas limité par les capacités humaines, et de ce fait, il put rattraper son retard, tout en analysant en détail le passé du jeune homme . Un passé intéressant, mais les modifications apportées était encore plus intéressantes, à son avis . Surtout l’écharde . Un détail du genre important .
Il arriva, au niveau de la premiére créature, certainement Incertitude . Il la saisit par la gorge et la tint immobile à terre, devant un parterre de fleurs où l’humain jeune apprenait à marcher . Armant son poing, il l’abatit une fois sur la gueule immonde et floue de la bête . Elle cria, d’un cri incertain, variant entre les graves et les aigus . Cela n’arrêta pas le Dieu, qui s’acharna jusqu’à que la plainte cesse dans un piaillement pitoyable, à mi chemin entre le chien et le poussin .
Puis il se leva et chercha l’humain . Puis le vit, à la fin de son passé, le dos à un gros voile noir, avec la créature nommée Doute se rapprochant sans cesse de lui .
Merde !!!

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– Gambit au roi !, annonça Balthamos à un Dieu qui ne comprenait pas du tout ce qui venait de se passer pendant les six derniers tours .
C’est assez aberrant, pensait-il . Y’a six tours, on commençait à peine, et là, j’me fais battre à plate couture … Et par un simple fonctionnaire du Kobelfek, en plus ! Encore, se faire battre par un gros ponte, ça peut passer … Mais là, quand même …
Puis il se dit que quitte à passer pour un gros nul, autant y aller à fond . Il se décida donc à demander ce qu’était la technique du Gambit .
C’est ainsi qu’il apprit que le Gambit consistait à sacrifier une piéce dés le début de la partie dans le but de gagner un quelcquonque avantage, qui soit non matériel : Espace, Attaque, Ouverture de lignes, Gain de temps, Dislocation des lignes adverses, … Il apprit que le Gambit, bien qu’étant une excellente école pour affûter ses réflexes, est très risqué, car si l’on n’exploite pas correctement l’espace stratégique ainsi ouvert, l’on peut perdre … énormément .
Dieu, peu habitué à retenir des choses, avait traduit cela en «  Sacrifice pour but autre . Attention, très risqué . » Et techniquement, il avait pas tort .

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Je voyais cette bête s’approcher de moi d’un air … enfin, disons que si son expression n’arrêtait pas de varier avec un flou artistique du plus bel effet, je lui aurais trouvé l’air féroce . Une goûte de salive goutta à terre et siffla comme de l’acide dans la chambre de l’hôpital où je suis né .
Allais-je mourir … Allais-je re-mourrir … Allais-je quelque chose en me voyant naître ?
Puis, de peur, je reculai encore d’un pas et heurtai le pan noir … Qui se révéla être un voile . Aprés moins de deux secondes de réflexion où mon expression afficha quasi simultanément le doute, l’incertitude, le calcul des probabilités, la décision et un sourire, je tirai sur ce voile . Et le souffle de l’Histoire m’emporta, moi et la bête .
Dans les profondeurs du passé de l’humanité, j’allais errer .

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Sébastian Nichopoll regarda calmement le trou dans l’Histoire ainsi produit . Un beau trou, à bien y regarder . Très joli, avec toutes ces petites écorchures sur le côté . Mais il ne put se retenir de penser que Dieu y trouverait quelque chose à y redire . C’était parfaitement son genre . Toujours à râler sur tout, le vieux ronchon . Comme toujours .

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Métatron entra en courant dans le bureau de Dieu :
«  Dieu ! DIEU !!! »
L’interpellé lui intima de se taire avec le geste consacré : l’index vertical sur des lévres pratiquement closes, laissant échapper un simple chuintement, le fameux « Cchhhuuuuutttttttt » tant prié, et jamais présent .
« Mais, Dieu, c’est d’une urgence vitale !!! C’est …
-Silence !!! Enfin, le sieur Balthamos ici présent est en train de m’apprendre ici présent comment enfin l’emporter sur ce satané Nichopoll pour une fois !
-Mais mon seigneur, il est … »
Personne ne sût ce qu’il allait dire, car un piano appellé par des pouvoirs divins tomba sur la tête de l’infortuné Métatron .
«  Bon, alors, tu peux me réexpliquer encore une fois le Moulinet ? »

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La Mort rattrapa Sébastian . Et observa le trou .
«  Hum … Dieu Ne Va Pas Aimer Ca, C’Est Sûr .
-Tu sais quoi ? Je l’emmerde, Dieu .
-Ca Non Plus, Il Risque De Ne Pas Aimer .
-Oh, vu ce qu’il me doit, il peut bien accepter quelques accros dans l’Histoire, non ?
-Certes . Et Pourquoi Tu T’Interesse A Ce Petit ?
-Oh, pour des raisons personelles . Tu te souviens de la liste des Trois ?
-Oui . C’Est Pas Comme Si Le Premier Etait Un De Mes Meilleurs Amis . Mais … Ce Serait Lui ? Il Ne Lui Ressemble Pourtant Pas …
-C’est parce qu’il vient juste de changer son destin, Mort . En courant à travers son passé …
-… Oh . C’Est … Interessant . Et Irrégulier, Pour Sûr .
-Je te rappelle que t’as rien à dire au niveau de ne pas respecter les régles, mon vieux .
-Oui . Je Sais . … Et Tu Comptes Faire Quoi, Là ?
-… J’attends . J’ai pas le droit de remonter l’Histoire d’une autre planéte que la mienne …
-Tu Risque De Ne Jamais Le Revoir .
-Oh, si, il s’en sortira . C’est le Deuxiéme, aprés tout . … Et j’en ai besoin . »

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Je remontais l’Histoire . Comment je le savais ? Oh, sur le coup, je ne le savais pas . Je ne l’ai sû que plus tard . Quand Il me le dit, celui qui m’engagea pour … Mais je m’éloigne de mon sujet actuel . Je remontais donc l’Histoire, qui, pour moi, ressemblait alors à un fleuve tumultueux et déchaîné . Et je n’avais pas d’autre choix que de remonter son courant, car je sentais derriére moi le souffle de la bête . Prés de moi, un champignon nucléaire s’éleva . L’eau courait sous mes pieds, et je devais sans cesse courir suffisament vite pour ne pas m’enfoncer dans l’eau . Somme toute, je courrais sur l’eau . L’ennui, c’est que la créature le faisait aussi .
Autour de moi, des choses incroyables se déroulaient . Un vieil aéroplane s’écrasa non loin de moi . Je dus escalader une vieille locomotive déraillée au millieu des flots . Un canon tira son projectile non loin de mon oreille . Un bâtiment s’écroula au loin . Une étoile rouge traversa les eaux, suivi d’un aigle . Puis, j’apperçus un espace vide . Une terre, au millieu du flot tumulueux de l’Histoire .
Harassé, Terrassé par la fatigue, je réussis à m’y écrouler . Devant mes yeux, sur la Terre détrempée, était gravée une inscription : 1865 .
J’entendis la bête se rapprocher lentement, feulant victorieusement . Tant pis …
Je fermai les yeux, et sombrai dans le sommeil, en l’année 1865, au beau millieu du fracas de l’Histoire .

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Un peu partout, sur Luxea, des alarmes retentirent .
Jésus, dans un état second, souleva la tête de Dyonisos de sur sa poitrine, s’aperçut que ce dernier y avait laissé une galette, essaya de comprendre ce qui se passait, puis vit une bouteille encore pleine et s’attaqua à la vider .
Dieu se leva d’un coup, complétement paniqué, et partit d’un coup en branle vers la sortie, laissant un Balthamos éberlué à son explication sur le fonctionnement du Swindle .
Dans la ville de Dys, Satan leva un sourcil interrogateur et demanda à son bras droit Ahrimann si quelque chose était prévu aujourd’hui .
Dans sa retraite sur la plaine de Dys, la démone de l’oubli, Zébuth, sourit .
Dans le passé du jeune homme, juste à côté de La Mort, Sébastian Nichopoll avait la même expression, et il exhibait un beau rictus .

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La bête s’approchait . Enfin, elle allait pouvoir le savourer … Enfin, peut-être . Son nom était Doute, et elle devait, de ce fait, respecter un certain principe d’incertitude dans toutes ses pensées .
Sa cible était couchée sur une terre bizarre, au millieu de ce fleuve étrange . Ou pas .
Puis, alors qu’elle allait monter sur cette terre ferme, un mur s’éleva et entoura la micro-île . Cela allait contrarier ses plans . Hypothétiquement .

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Dieu avait la main bloqué sur un bouton au fond du petit bout de verdure subsitant du jardin d’Eden originel, coincé au beau millieu de la mégalopole grandissante d’Edenia . Il se redressa, exténué, en s’appuyant au pommier .
Puis il partit vers l’antichambre où Mort était consigné depuis quelques temps .
Il y vit un spectacle étrange, et une porte brisée au fond .
Il la franchit, enjamba le cadavre d’Incertitude, et retrouva Mort et Sébastian devant un énorme trou .
«  Qu’est-ce que ce bordel ?, demanda-t’il . On dirait Sodom et Gomorhe, la derniére fois que je suis passé !
-Oh, Dieu, lui répondit Sébastian . Tu tombes bien ! Tu pourrais me ramener le jeune humain actuellement coincé dans l’Histoire ?
-M’étonnerait, Sébastian . Il est actuellement en 1865 .
-Oui, il me semblait bien avoir aussi entendu un truc dans ce genre . D’ailleurs, tu dois bien m’avoir vrillé un tympan avec ton alarme .
-Tu sais très bien que j’ai vérouillé cette partie de l’Histoire !
-Et comment que je le sais ! C’est moi qui t’ai arrangé ce coup là !!! Mais j’ai besoin de ce type ! Et t’es pas en position de me refuser quelque chose, vieux !
-Hmmmm …. Mort, est-ce qu’il mérite de revenir ?
-Au Vu De Sa Vie Passée, Non . Mais Au Vu De Ce Qu’Il Peut Faire, Oui .
-Comment ça ?, demanda Dieu .
-Eh bien, tu vois mon vieux, commença Sébastian, il se trouve que ….

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Je me suis réveillé au beau millieu … d’une piéce ? Enfin, en tout cas, j’étais entouré de murs . Mais, bizarrement, j’entendais encore le bruit de l’Histoire qui s’écoulait tout autour, et aussi les grognements de la créature . Je regardai à terre et vis l’inscription disant 1865 . Mais d’où venait ces murs ?
Puis je pris conscience d’une présence derriére moi . C’etait un homme, du moins en avait-il l’apparence . Vieux, doté d’une barbe lui donnant un air presque vénérable, il me regardait d’un air étrange, comme s’il me jugeait . Puis, il prit la parole :
«  Je vais faire court . Je veux ta mort, alors qu’un de mes amis souhaite que tu vives . Alors, je vais faire rentrer Doute ici, et si tu le vaincs, tu pouras continuerr à exister . Sinon, j’irai jusqu’à effacer ton existence . Ainsi, moi, Dieu, ai parlé . »

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«  Sébastian … Tu Te Rends Compte Que Cet Humain N’A Aucune Chance ?
-En effet . Il n’a aucune chance si on ne fait rien .
-Mais Tu Ne Peux Rentrer Dans L’Histoire Et … Attends, Comment Ca, « On » ?
-Dis-moi, t’y tiens vraiment, à ton canif ? »

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La créature apparut subitement au millieu de la piéce . Il parut tout d’abord désorienté par son changement soudain de position géographique, puis reprit son air désorienté inhérent à sa qualité de personalisation du Doute . Puis, il m’apperçut, et garda son air désorienté, mais quelque chose me dit que quelque part, il était plutôt sûr de vouloir me faire la peau . Je sentais même qu’il pourrait être parfaitement sûr du fait de prendre plaisir à faire des guirlandes de noël avec mes tripes .
Je me retournai pour observer celui qui s’était nommé Dieu . Il avait disparu . Contrairement à la créature que le vieil homme avait nommé Doute, et qui, contrairement à cette appellation, semblait n’en montrer aucun quand à sa présence .
Cette derniére commença d’ailleurs à s’approcher, d’une façon que je jugeai plutôt dangereuse pour ma santé … Enfin, si un mort en avait une, bien sûr . Et je commençais à chercher une façon pour m’en sortir . Une façon sûre . Sans aucun Doute . Une façon que je ressentais de plus en plus certainement impossible dans ma chair . Je ne l’appris que plus tard, mais Doute faisait cet effet sur les gens lorsque l’on était proche de Lui . Une impression de ne pouvoir se décider sur rien, de se demander même s’il est pertinent de respirer … Non qu’en tant que mort, j’en avais encore besoin .
Aprés un temps où même je me mis même à douter sur le fait que je vivai, avais vécu et voulait vivre encore, la créature se jeta sur moi . Je réussis, je ne sais comment, à me convaincre de sauter sur le côté pour l’éviter, mais ce faisant, la seule chose évidente qui m’apparut, c’est que je ne tiendrai pas longtemps à ce rythme . C’est alors que je vis – ou cru voir, je ne sais trop encore – un éclat argenté briller prés de ma main . Et que, regardant plus précisement au travers le flot du doute, je vis un canif à la lame brillante comme une supernova . Une lumiére certainement censé se trouver habituellement au fond du Tunnel . Une lumiére de fin de vie . Une lumiére de Mort .
Un canif que je ramassais sans trop y croire ou y penser . Un canif qui m’obnibulait, et me fascinait, comme jamais rien avant ne l’avait fait .
Puis, un bruit me tira de ma transe . Je fis Doute se redresser vers moi, aprés avoir vacillé en se réceptionnant . Je la vis se décider et sauter vers moi encore moi . Je ne savais plus que faire . Puis, je crus apercevoir – mais j’en doute encore énormément – La Mort me prendre la main, et lever le canif vers la créature . Sa derniére expression ne fut pas le doute, mais bien l’horible et absolue certitude de voir sa vie s’achever ici et maintenant . Ce qui fut le cas . De façon certaine . C’etait bien un des rares avantages de la mort . On en était sûr . Quoique …

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«  Alors, je suis mort ou pas ? »
Ce fut les premiers mots qui sortirent de ma bouche tandis que Mort me racompagnai vers mon passé à moi . Je n’avais pas osé parler quand Dieu et Lui avaient descendus les murs, et qu’il fut stupéfait, puis énervé de me voir . Il avait regardé un moment Mort, puis semblé rejeter une idée et il déclara alors de me ramener et de me donner à Nichopoll . Qui était-ce, je n’en savais guére …
 » Huumm … C’Est Difficile A Dire Encore . Enfin, Si Tu Es Livré A Nichopoll, Tu Risques De Vivre, Il A Des Projets Pour Toi . Bienvenue Au Club Trés Fermé De Ceux Qui M’Ont Echappés .
-Heu, merci … Mais, au fait, vous m’avez aidé, non ?
-Oui . Et D’Ailleurs, Rends-Moi Mon Canif . J’Y Tiens Enormement .
-Hein ? Heu … Ah, oui … Mais … Cette lumiére … Qu’est-ce que c’est ?
-Ma Faux .
-Hein ?
-Ma Faux . Je L’Ai Fondu, Et Ai Crée La Lame De Ce Canif Avec . Ce N’Etait Guere Discret, Par Les Temps Qui Courent .
-Heu … Oui, je suppose … Et pourquoi vous m’avez aidé ?
-Parce Que Nichopoll M’A Aidé Autrefois, Et Que Je Lui Suis Redevable . Et Que Celui-Ci Te Souhaite Vivant … Enfin, Vivant … En Tout Cas, Il Ne Souhaite Certainement Pas Te Voir Effacé Dans Le Néant, « Trou De Balle » .
-Heu … Pourquoi il a besoin de moi ?
-Cela, Tu Le Lui Demanderas . Je Ne Suis Pas Un Grand Bavard, Tu Sais . Tiens, Voilà Le Trou Qui Méne A Ton Passé . Nichopoll T’Y Attend .
-Mais … Et vous ?
-Je Dois Rester Là Pour Travailler . Certains S’Amusent A Faire Des Trous Partout . »
La Mort soupira en le voyant s’éloigner . Pourquoi je t’ai aidé ? Parce que tu es l’ami d’un de mes meilleurs amis . Mais comment te le dire, alors que tu viens juste de créer mon ami par tes actions d’aujourd’hui ?
Pffff … Connaître Le Futur N’Est Jamais Evident, Mais Des Fois, Ca Va Même Jusqu’A Me Detruire De L’Interieur …

***************************************

Je remontais mon passé avec le dénommé Nichopoll . J’appris son prénom, Sébastian, et celui-ci m’expliqua alors qu’il avait besoin de moi pour les besoins de son monde, Ilse, afin de … blablabla … J’avoue qu’alors, je ne l’écoutais pas vraiment, mais observai mon passé . Un passé modifié, apparement par ma course en son sein . Ma joue ne semble plus marqué à vie par une horrible cicatrice, suite à la morsure de mon chien, mais possédait désormais une très subtile marque, ressemblant à s’y méprendre à une simple fossette . Le banc où je lisais était cassé, et je dus arrêter . Au bout d’un moment, je cessai de lire par terre, et semblai parler avec un autre jeune homme, à la peau légérement hâlé et aux cheveux bruns . Et ma main … Elle fut bien accidentée, mais … Je me vis pouvoir me réeduquer, et me réservir correctement de mon doigt . Je revis cet ami blond me montrer le cahier renfermant l’histoire qu’il écrivait . Je le revis me conter cette histoire .
Je me souvins de mon envie sur le moment . Son histoire était tellement nouvelle pour moi, tellement enthousiamante, que je souhaitais faire pareil . Et je me vis demander alors une chose, que je savais pertinement que je n’aurais pas faite avant : Ecrire avec lui .
J’observai ces changements, et tous les autres, en remontant lentement mon passé, avec le ronronnement incessant de la voix de Nichopoll dans mes oreilles …
J’avais changé mon passé . Et je revis ma mort . Enfin … Le moment de ma mort . Je me revis d’abord entrer dans le bar . De loin, je vis aussi la brute qui m’avait tuée approcher, accompagnée de quelqu’un . Puis je rentrai, à la suite de mon « moi jeune » . Et … Je ne mourus pas . Je m’interposai tôt, finit par me prendre une balle dans l’épaule, mais … ne mourrut pas . La police arriva quelques instants plus tard . Il n’y eût pas de morts, peu de blessés, et pas d’autres incidents . J’avais CHANGE mon PASSE .
En sortant par la porte de mon passé, l’autre type me demanda :
«  Alors ? Tu veux bien m’aider à organiser cela ?
-Hein ? Heu … Certes . Ouais, bien sûr … Pas de problémes ! »
Il sourit et repartit, me faisant signe de le suivre . Je le suvit, tandis qu’une impression étrange de l’avoir déjà vu autre part me rongeait … Puis je m’en souvins . Le mec parlant avec la Brute avant de rentrer dans le bar .

Ce fut la premiére fois que je rencontrai Sébastian Nichopoll . Et je venais d’avoir la premiére démonstration de son talent de manipulateur . Et ce ne serait pas la derniére …
Aprés tout, je venais tout juste d’entrer à son service, non ?

The End .
For Now .

1L’auteur tient à se dédouanner des affirmations de son personnage . Je n’ai aucun grief contre les new-rocks . Mais je n’ai rien pour non plus, remarquez .

 

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